Fleurs du Firdaws

Au Nom d'Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux As-Salamou 'Alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouhou Louange a Allah, le créateur de toutes choses, maitre de l'univers qui s'est installé Lui même sur le trône Louange a Allah
 
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 Message de Abdallah Thomas milcent sur la mort

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AuteurMessage
fleursduparadis
Je suis incollable!! insha Allah!!
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Date d'inscription : 12/03/2010

MessageSujet: Message de Abdallah Thomas milcent sur la mort   Sam 22 Déc - 12:43

bismillahi

Salam aleyk

En tant que médecin généraliste français converti à l’islam depuis dix-neuf
ans, je ne me sens pas particulièrement qualifié pour parler d’un sujet
aussi grave qui met en scène les bases mêmes des sciences de la foi
musulmane : la ’Akida’. J’essaierai donc de donner un simple aperçu
de la
vision islamique de la mort mais j’invite les personnes intéressées à se
renseigner plus avant auprès d’imams musulmans beaucoup plus compétents que
moi. Il existe certaines divergences entre les savants concernant tel ou
tel détail, j’ai voulu ici rester dans ce qui unit notre communauté plutôt
que de rentrer dans ce qui risque de la diviser.


I INTRODUCTION


Nous mourrons tous un jour, c’est inéluctable. La conscience de la mort
n’est pas le propre de l’être humain. On peut qualifier l’angoisse de la
mort comme l’angoisse suprême, enfouie au plus profond de notre cerveau le
plus ancien. Montrez à des poulets un couteau, vous constaterez
immédiatement une augmentation de leur rythme cardiaque et une consommation
accrue de leur réserve de graisse, ce qu’il est possible d’interpréter
comme un stress causé par la conscience de sa disparition prochaine.
Les religions et les philosophies sont des moyens mis à la disposition des
hommes notamment pour maîtriser cette angoisse originelle.


La mort nous renvoie à notre fin inévitable. Philosophiquement, qui dit fin
dit commencement et qui dit commencement dit création. Notre existence,
mais aussi le monde dans lequel nous vivons est essentiellement précaire
c’est à dire destiné à disparaître et cette précarité appelle la notion de
Créateur.


Dieu, Allah en arabe, est par définition ce Créateur de l’univers et donc
des créatures. En tant que créatures, nous sommes soumis au temps qui
passe, Lui est le créateur du temps, Il ne lui est pas soumis, Il est
éternel.


Notre mort constitue également la fin de notre passage dans ce monde
précaire. Le credo monothéiste affirme qu’il existe une autre forme de vie
après la mort, de même qu’il existait une vie avant notre naissance. Comme
il est impossible de demander à un foetus d’imaginer le monde dans lequel
il va naître, il nous est difficile d’imaginer un autre monde que le monde
précaire dans lequel nous vivons.


Notre connaissance de la vie après la mort ne peut se faire qu’à travers le
Créateur de l’univers. Dieu n’a pas créé ce monde en vain, il ne nous a pas
abandonnés après nous avoir créés, il nous a envoyé des prophètes, êtres
humains choisis par Dieu pour nous transmettre les volontés du Créateur
envers ses créatures.


II L’ÊTRE HUMAIN KHALIFE (VICAIRE) DE DIEU SUR TERRE


L’islam nous enseigne, par l’intermédiaire du Coran et des traditions
prophétiques, que Dieu proposa d’abord aux montagnes de faire d’elles ses
’Khalifes’ sur terre mais, dans leur sagesse, et malgré leur
puissance et
leur stabilité, elles refusèrent. Le premier homme, Adam, dans son
ignorance accepta.


Selon la vision islamique de notre univers précaire, Dieu confie à l’homme
le Khalifat (la lieutenance, la gestion) de la Terre, pour cela, il lui a
donné le libre arbitre qui est soutenu par la conscience, la morale et la
responsabilité. Ces qualités lui permettent d’accéder à la connaissance du
fonctionnement des choses, ce qui fait qu’il peut être supérieur aux anges
auxquels Dieu demande de se prosterner devant Adam.


Mais l’homme a un ennemi, Satan, qui refuse par orgueil de se prosterner
devant Adam malgré l’ordre divin. Il demande à Dieu, et obtient, un délai
jusqu’au Jour du Jugement dernier pour tendre des pièges aux hommes et les
faire dévier du chemin droit de l’adoration de leur Créateur. Ceux qui
tomberont dans ses pièges le suivront en Enfer et ceux qui déjoueront ses
pièges et adoreront leur Créateur iront au Paradis.


C’est ainsi que Dieu a envoyé des prophètes aux êtres humains pour leur
enseigner comment L’adorer, comment Le servir et comment déjouer les pièges
de Satan. Le premier d’entre eux fut Adam, puis vinrent de très nombreux
autres parmi lesquels Abraham, Moïse, Aaron, Isaac, Jacob, Joseph, tous les
prophètes de l’Ancien Testament. L’islam reconnaît également la qualité de
prophète à Jean Baptiste, le Saint Coran cite longuement la Vierge Marie.
Jésus, fils de Marie est le Messie, il est un des principaux envoyés de
Dieu mais le Coran nous informe qu’il ne sied pas à Dieu d’avoir un fils.
Après Jésus, Dieu nous a envoyé le Sceau des prophètes et de la prophétie,
Mohamed fils de Abdullah, prophète de l’islam qui nous a transmis le Saint
Coran qui est la parole de Dieu directement révélée aux hommes.
Outre les querelles dogmatiques, l’homme est sur terre pour adorer son
Créateur en se mettant à Son service en faisant le bien. Le bien est que
qui est décrit comme tel par les prophètes mais c’est aussi ce qui est
reconnu par tous comme une bonne chose. Par exemple, si j’aide une personne
âgée à traverser la rue, tout le monde sera d’accord pour dire que c’est un
bien. En faisant le bien, le croyant remplit sa mission de vicaire de Dieu
sur terre et Dieu le récompense en le rendant heureux, en lui donnant une
existence harmonieuse et en apaisant ses angoisses puis en le faisant
rentrer au Paradis.


La vie est donc cette courte période de notre existence totale durant
laquelle nous avons la charge d’être vicaire de Dieu sur terre et durant
laquelle nous disposons du libre arbitre qui nous permet de choisir entre
le bien et le mal et d’agir en conséquence. Selon un célèbre Hadith
(tradition du prophète), cette vie est comparable à l’ombre d’un arbre sous
lequel le voyageur vient se reposer avant de reprendre sa route.
Si l’homme est responsable de ses choix et de ses actes, il peut également
compter sur la capacité qui lui est offerte durant cette vie de se repentir
de ses péchés, car Dieu est Le Miséricordieux, il aime le repentir de ses
serviteurs et aime leur pardonner et il est dit dans un hadith que ³tous
les fils d¹Adam sont des pécheurs et le meilleur d¹entre eux est celui qui
se repent² (Hadith [sûr] rapporté par Tirmidi, Ibn Maja, Dalimi et Ibn
Hambal.)


Mais le Coran nous prévient de faire bien attention à nos actes car c’est
sur eux que nous serons jugés le Jour du Jugement dernier. La manière dont
nous gérons la vie terrestre que Dieu nous accorde temporairement a une
influence directe sur notre vie future dans l’au-delà.


III CHRONOLOGIE DE LA MORT


Le jour et l’heure de notre mort est décrétée par Dieu. L’Ange de la mort
se présente alors et sépare notre âme de notre corps. Nous restons
conscients et nous voyons et nous entendons mais il ne nous est plus
possible d’agir et nous n’avons plus le choix du bien et du mal.


Nous assistons donc à nos funérailles et voyons la tombe qui se referme sur
nous. Nous entendons ce que disent nos proches, nous pouvons leur répondre
mais ni les humains ni les djinns (génies, êtres qui nous sont invisibles
et qui vivent dans un monde parallèle au nôtre) ne peuvent nous entendre.
Viennent alors deux anges qui nous posent trois questions sans qu’il nous
soit possible de mentir ou de répondre à côté :
1.
Qui était ton Seigneur ?

2.
Quelle était ta religion ?

3.
Qui était ton prophète ?



De nos réponses ou absence de réponse dépends la suite des événements. Pour
résumer, un bon musulman qui aura fait de très bonnes choses en évitant les
péchés, verra ses bonnes actions le protéger du châtiment de la tombe. Par
contre un hypocrite qui n’aura fait que de mauvaises choses expiera déjà en
partie ses péchés dans la tombe. La notion de temps sera également plus ou
moins élastique en fonction de nos mérites, séjour très court pour les
bienfaisants, très long pour les malfaisants.


S’il ne nous est plus possible de faire le bien après la mort, il est
possible de bénéficier d’un bien que quelqu’un ferait pour nous :
Invocation à Dieu d’un musulman en faveur du mort, rattrapage du Hajj
(pèlerinage à la Mecque), de jours de jeûne, distribution de richesses en
notre nom, prières dans une mosquée que nous avons construite, distribution
de biens et de services dans une institution charitable que nous avons
fondée et dont nous avons assuré la pérennité Š.


Ce monde des morts, le Barzakh, est également précaire, il se termine
également à la fin des temps lorsque Dieu décrète la résurrection dans une
nouvelle création qui commence par le Jour du Jugement dernier.


Ce jour là, l’ange Asrafil, sur l’ordre du Créateur, soufflera dans une
trompe qui nous ressuscitera. Nous nous réunions tous en un même lieu. Les
animaux seront ressuscités pour qu’ils prennent leurs droits sur nous avant
de disparaître. Le soleil sera très proche et nous aurons l’impression de
pouvoir le toucher, il fera très chaud et nous transpirerons beaucoup,
chacun déjà en fonction de ses bonnes ou mauvaises oeuvres.


Puis chaque communauté demandera à son prophète d’intercéder auprès de Dieu
pour qu’Il accepte de commencer le jugement. Chacun des prophète rappellera
qu’il a commis au moins une faute durant sa vie. Tous alors se retourneront
vers le prophète de l’islam qui a gardé la faveur d’une requête pour ce
jour là. Il s’adressera à Dieu en Le louant et lui demandera de commencer
le jugement.


Chaque être humain passera alors individuellement devant son créateur :
les
anges chargés de l’écriture de ses actes durant sa vie dérouleront leur
rôle et chacun verra ce qu’il a fait. L’ange de gauche pour les choses
mauvaises et l’ange de droite pour les bonnes oeuvres. Il est dit que si la
miséricorde divine se divisait en cent parts égales, Il en réserverait une
pour ce monde matériel et quatre-vingt dix neuf pour le Jour du Jugement.
Puis les hommes passeront sur le pont au dessus de l’Enfer et qui conduit
au Paradis. Ceux qui ont fait beaucoup de bien le passeront en un clin d’œil tandis que les pécheurs progresseront difficilement certains
trébuchant et tombant dans le feu de l’Enfer.


Ceux qui arriveront au Paradis découvriront un monde merveilleux qui
n’obéira pas aux mêmes lois que ce monde matériel. Il nous est impossible
de le décrire et de l’imaginer précisément. Chacun aura un corps nouveau
éternellement jeune avec des signes distinctifs qui le fera reconnaître par
ses contemporains d’ici bas.


Entrer au Paradis de Dieu est le but de tout musulman.


IV CONSÉQUENCES DE L’OMNIPRÉSENCE DE LA MORT DANS LA VIE D’UN MUSULMAN


La conscience du déroulement exact de notre mort et surtout la conscience
d’être jugé pour chacun de nos actes agit comme un aiguillon poussant les
croyants à toujours se remettre en question et à faire constamment plus de
bien.


Évidemment, les musulmans, comme les autres êtres humains, commentent des
péchés mais ils gardent l’espoir d’être pardonné par leur créateur en se
repentant sans cesse. Les savants musulmans disent que la crainte de Dieu
et l’espoir de Son pardon sont comme deux ailes qui permettent à la foi de
s’élever.


Loin d’être paralysante, la crainte de Son châtiment constitue un puissant
garde-fou pour le croyant que Satan tente. Elle lui permet de canaliser ses
pulsions pour les utiliser comme moteur à faire le bien. En se transformant
ainsi en serviteur actif de son Créateur, le musulman contribue à
construire une société harmonieuse dans laquelle règnent paix, justice et
fraternité.


Nous avons tous des angoisses. Si nous n’en avions pas, nous ne nous
lèverions pas le matin pour aller travailler, on est si bien dans son lit
douillet ! L’islam nous permet de domestiquer nos angoisses, notamment
notre angoisse de la mort pour la transformer en un moteur au service du
bien.

salam aleykoum
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